Tiempo: 9 h.
Kilómetros: 24
Dificultad: Alta (por el ascenso al Canigó)
Atardecer en Mariailles
El refugio de Marialles es uno de los puntos desde donde se parte para hacer la ascensión a la última montaña; al renombrado Canigó. La vida allí gira en torno a su magia, y su influencia se escucha en cada conversación, se ve en cada ruta trazada. Durante la cena nos olvidamos de la montaña y Nilson, el médico sueco que ha venido a pasar unos días en estas tierras con su esposa y con la familia canadiense, ejercita sin mucho éxito su español. “Trabajo una semana de cada mes en Barcelona, y me gustaría aprender el idioma”. La vida de Nilson ha sido bastante interesante, me habla de lugares remotos, de paraísos perdidos, removiendo en mi alma lodos que jamás se llegaron a posar del todo. Por momentos la conversación se diluye en un murmullo incomprensible y mi mente se echa a soñar volando. “No tengo remedio”, pienso con cierta preocupación. Aunque el ejemplo de Nilson me da cierta esperanza.
Después de la cena las ventanas del refugio se inundan de colores cálidos que anuncian la puesta de sol. La naturaleza ofrece su mejor espectáculo indiferente al movimiento de los hombres. Lo lleva haciendo miles de años, y si estamos allí para presenciarlo o no, poco importa. Algunos optan por quedarse conversando en el comedor, otros por salir a fumar un cigarro, el sol sigue su curso imparable hacia un nuevo día. Mientras le veo caer en el abismo de la noche pienso en que esta aventura también empieza a mostrar tonos dorados que preludian el final y le pido al sol que vaya más despacio para recrearme con su luz, para jugar con sus sombras.
Tres vascos
Mientras en otro lugar del mundo se repite la misma escena, sobre la cima del omnipresente Canigó la luz proclama el inicio de un nuevo día. A pesar de no haber descansado profundamente me siento cargado de energía, en el refugio se escuchan los consejos sobre la ruta para llegar a la cumbre e inesperadamente una voz en mi interior me pregunta: “¿Por qué no vienes a hacerme una visita?” Desde que lo vi por primera vez me ha estado llamando. En el desvío de la GR-10, abandono conscientemente las marcas rojas y blancas que me han estado guiando durante meses y me dirijo hacia sus faldas. La ascensión es exigente en su último tramo, especialmente cuando se carga con una mochila pesada, una vez en la cima llega la recompensa. Allá a lo lejos, llano como una estepa, me reencuentro con el mar.
Perdido en un rincón de mi memoria queda el día en el que desde el cabo de Creus miraba hacia las cimas nevadas que hoy son mi atalaya para divisar el Mediterráneo. El círculo se cierra. Todavía faltan unos días para llegar a su orilla, pero verlo le da sentido a todo. Tocarlo marcará el final del viaje, y es precisamente eso, el final de un viaje el que hace que tenga sentido comenzarlo.
71ème ETAPE: MARIAILLES - BATÈRE
Jorge en la cima del Canigó
Le refuge de Mariailles est l´un des points de départ pour monter la dernière montagne, le célèbre mont Canigou. La vie ici tourne autour de sa magie, et son influence se reflète dans toutes les conversations, se voit dans chaque tracé de chemin. Pendant le repas, nous oublions la montagne et Nilson, le médecin suédois qui est venu passer quelques jours sur ces terres avec son épouse et la famille canadienne, exerce, sans grand succès, son l´espagnol: “Je travaille sur Barcelone une semaine par mois, et j´aimerais bien apprendre la langue”. La vie de Nilson est plutôt interesante, il me parle d´endroits éloignés, de paradis perdus, remuant dans ma mémoire de la vase qui n´a jamais réussi à se déposer complètement. Par moments, la conversation se dilue dans un murmure incompréhensible et mon esprit s´évade rapidement. “Je n´ai pas de solution”, me dis je avec une certaine inquiétude. Même si l´exemple de Nilson allume en moi une lueur d´espoir.
Après le repas, les fenêtres du gîte sont inondées de chaudes couleurs qui annoncent le coucher du soleil. La nature offre son meilleur spectacle, indifférente aux mouvements des hommes. Elle le fait depuis des milliers d´années et que l´on soit là pour en être témoin ou pas, cela n´a que peu d´importance. Certains décident de rester à parler dans le restaurant, d´autres de fumer une cigarette à l´extérieur, le soleil continue sa course innarrêtable vers un jour nouveau. Tout en le regardant sombrer dans les abîmes de la nuit, je me dis que cette aventure commence aussi à avoir des tons dorés qui annoncent sa fin, et je demande au soleil d´aller plus doucement, pour pouvoir jouer avec sa lumière et avec les ombres qu´elle crée.
Mirando al mar
Tandis que, quelque part dans le monde, se répète la même scène, sur la cime du Canigou, omniprésent, la lumière annonce le début d´une nouvelle journée. Bien que je ne me sois pas complètement reposé, je me sens plein d´énergie. Au refuge, on donne des conseils sur le chemin à emprunter pour arriver au sommet et, de façon inespéré, une voix intérieure me dit “Pourquoi ne me rendrais tu pas visite?” Depuis le premier jour où je l´ai vu, il m´a tenté. Au croisement du GR10, j´abandonne consciemment les marques rouges et blanches qui m´ont guidé pendant des mois et je me dirige vers les flancs du Canigou. L´ascension est hardue dans son dernier tronçon, notamment lorsqu´on est chargé d´un sac lourd, mais une fois arrivé au sommet, arrive la récompense. Là bas, au loin, plate comme une steppe, je retrouve la mer.
Il est perdu au fond de ma mémoire le jour où, depuis le Cap de Creus je regardais vers les sommets enneigés qui aujourd´hui, sont devenus mon donjon pour voir la Méditerranée. La boucle sera bientôt bouclée. Il reste encore quelques jours avant d´arriver jusqu´à elle, mais la voir redonne un sens à tout ce que j´ai fait. La toucher mettra un point final au voyage, et c´est précisément cela, la fin du voyage, qui donne un sens au fait de le commencer.